Robien invite policiers et magistrats dans les lycées
Par Blog de Robien, mardi 20 décembre 2005 à 10:18 :: Lycée :: #6 :: rss
VIOLENCES Le ministre de l'Education nationale tire les leçons de l'agression d'Etampes et estime que l'on a trop longtemps tergiversé.
LE TABOU est brisé. Le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, entend instituer «des permanences de la justice et de la police» au sein même des établissements, pour permettre aux professeurs de «se confier». Il est selon lui «très important» que magistrats et policiers «soient au courant de menaces» comme celles que le jeune professeur d'arts plastiques affirme avoir reçues avant le drame.
Cette proposition n'a pas manqué de soulever les réactions des syndicats, généralement hostiles à la présence de la police à l'intérieur des lycées : Cette «fausse bonne solution» pourrait rester un «effet d'annonce», selon la FSU, principal syndicat d'enseignants. Des policiers «correspondants» sont cependant déjà présents ponctuellement dans les établissements pour des missions de prévention auprès des élèves et agissent à la demande du chef d'établissement lorsqu'une intervention judiciaire s'impose. Les «contrats locaux de sécurité» ont peu à peu généralisé les partenariats avec la police et la justice : L'Education nationale semble désormais prête à faire sa révolution. Car, depuis quelques années, la multiplication des invocations du «droit de retrait» d'enseignants est bien le signe que la violence règne au quotidien dans nombre d'établissements.
Au lycée Louis-Blériot d'Etampes, certains professeurs ont évoqué par ailleurs une «loi du silence» imposée par leur hiérarchie, insuffisamment attentive, selon eux, à leurs alertes. Un ancien professeur en zone d'éducation prioritaire dénonce des «méthodes qui relèvent du stalinisme». Pour préserver la réputation de l'établissement, «certains proviseurs font pression sur les professeurs victimes de violences afin que ça ne se sache pas», raconte-t-il.
«L'exclusion n'est pas toujours une solution»
Cette omerta est une «réalité dans des établissements où la hiérarchie temporise pour ne pas nuire à son image», reconnaît sous couvert d'anonymat un proviseur de la région parisienne. «Mais il y a une marge ! En aucun cas un proviseur ne minimiserait des menaces de viol ou de meurtre !»
Pris entre le marteau et l'enclume, les proviseurs n'ont pas toujours la tâche facile, explique ce chef d'établissement, car, une fois l'élève exclu définitivement, c'est un autre lycée qui doit scolariser l'adolescent. «L'exclusion n'est pas toujours une solution et nous avons le devoir de mener ces jeunes gens au bout de leur scolarité», rappelle-t-il, précisant que le seuil de tolérance vis-à-vis d'un comportement insolent varie fortement d'un enseignant à l'autre. Mounir, professeur d'éducation physique dans un lycée professionnel du Val-d'Oise, lui-même régulièrement la cible d'injures, pense, lui, que certains enseignants «ne s'en sortent pas professionnellement et n'arrivent pas à maintenir l'autorité dans leur classe». Si on les écoutait, assure-t-il, «on renverrait la moitié des classes, parce que les élèves sont insolents ou ne sont pas au niveau.»
Commentaires
1. Le mardi 20 décembre 2005 à 11:29, par Roger
2. Le mardi 20 décembre 2005 à 17:28, par Borloo :: site
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