Les mesures proposées par le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, pour lutter contre la violence à l'école sont critiquées et jugées inefficaces, y compris au sein de son propre parti, l'UDF. Le ministre a notamment proposé la mise en place de permanences de la justice et la police dans les établissements scolaires. Il s'est également dit favorable à la vidéosurveillance et à l'installation de portiques de sécurité à l'entrée des établissements. UDF et PS Pour le président de la formation centriste, François Bayrou, qui est en conflit ouvert avec Gilles de Robien, seul ministre UDF du gouvernement Villepin, les mesures envisagées vont "dans le sens de l'émotion" mais sont vaines. "Il n'y aura jamais assez de policiers et ça n'est pas du tout le chemin à suivre, a commenté François Bayrou sur LCI. (...) L'idée que des portiques avec des détecteurs de métaux et des policiers dans chaque établissement serait la réponse est une idée qui, à mon sens, n'a pas de réalité." Pour François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, qui s'exprimait sur France Inter, ce sont "des solutions qu'on ne peut pas accepter de pérenniser ou d'imaginer". Syndicats Le secrétaire général de la FSU - Fédération syndicale unitaire, le premier syndicat d'enseignants - a lui aussi estimé que la mise en place de permanences judicio-policières dans les établissements scolaires "n'est pas une bonne solution". "C'est beaucoup d'idéologie et peu d'efficacité", a jugé Gérard Aschieri sur RTL. "Si ça se concrétise, c'est la dimension éducative qui disparaîtra complètement dans le règlement des conflits", s'inquiète dans les colonnes du Parisien Philippe Guittet, secrétaire général de la Fédération nationale des personnels de direction de l'Education nationale. Toujours dans Le Parisien, Francis Masanet, secrétaire général adjoint du syndicat Unsa police, juge "inacceptable" l'idée du ministre : "On ne va quand même pas ouvrir un commissariat dans chaque collège et lycée!" Gilles de Robien a lancé ces idées trois jours après l'agression d'une enseignante à coups de couteau par un élève de 18 ans qui a été mis en examen pour tentative d'assassinat et écroué à la prison de Fleury-Mérogis. L'incident s'est produit vendredi dernier près de Paris, à Etampes (Essonne). La vie de la jeune femme, qui a été hospitalisée, n'est pas en danger. Selon le ministère de l'Education nationale, 80 000 incidents allant des violences physiques aux insultes en passant par les vols, les tags et les jets de pierres ont été signalés l'an dernier en France. Soit, en moyenne, 14 par établissement scolaire.

illustration: source © Reuters