Violences dans les lycées: propositions de Robien
Par Blog de Robien, mercredi 21 décembre 2005 à 12:00 :: Lycée :: #9 :: rss

Le ministre de l'Education nationale propose de "réfléchir" à des "permanences police-justice" dans les lycées
Gilles de Robien met en avant plusieurs pistes pour endiguer la violence dans les lycées après l'agression d'une enseignante à Etampes. Il évoque ainsi aussi l'installation de portiques de détecteurs de métaux.
Des propositions notamment critiquées par l'UDF, le PS et le puissant syndicat FSU.
Le ministre de l'Education nationale évoque quatre pistes.
-Création d'une permanence police-justice dans les établissements "où il y a le plus d'incidents", explique le ministre. "Des représentants de la justice et de la police" y écouteraient les enseignants menacés par des jeunes. Ceux-ci "feraient part de leur propre ressenti sur des situations qui se tendent et qui pourraient s'aggraver".
Selon Gilles de Robien, il est "très important que les forces de police et de justice soient au courant de menaces" visant des professeurs. "On a trop longtemps tergiverser (...) sur la présence de la police aux abords des établissements scolaires, à l'intérieur des établissements: l'école est un lieu de la République qui doit assurer une sérénité pour l'enseignement", a-t-il ajouté.
-Formation des enseignants à l'autorité "L'autoritén ce n'est pas inné, cela s'acquiert", déclare Gilles de Robien. "Tous les enseignants que j'ai rencontrés m'ont dit qu'ils n'ont pas été préparés à faire face aux situations de tension, ni à l'exercice de l'autorité dans la classe", ajoute-t-il.
-Installation de portiques de détecteurs de métaux à l'entrée des établissements scolaires Objectif: empêcher les élèves d'entrer en salle de classe avec une arme. "On ne peut exclure les moyens modernes", estime le ministre de l'Education nationale. Il évoque aussi la vidéosurveillance, "que je peux suggérer à ceux qui sont maîtres d'ouvrage des lycées, en l'occurence les régions".
Selon le ministère de l'Education nationale, 80.000 incidents allant des violences physiques aux insultes en passant par les vols, les "tags" et les jets de pierres ont été signalés l'an dernier en France. Soit, en moyenne, 14 par établissement scolaire.
Critiques
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, s'élève ainsi contre l'idée d'"envoyer des policiers" ou de mettre "des portiques" dans les établissements scolaires. "Ce sont des solutions qu'on ne peut pas accepter de pérenniser ou d'imaginer", estime-t-il. "Dans les établissements scolaires, on a supprimé les emplois jeunes, on a réduit le nombre des infirmières, des psychologues, des médecins scolaires, on a fait en sorte que les enseignants les plus jeunes soient confrontés aux classes les plus difficiles", souligne-t-il.
La réaction du président de l'UDF (formation à laquelle appartient le ministre de l'Education nationale), François Bayrou, est tout aussi critique. "L'idée qu'on résoudrait les problèmes de violence dans les établissements scolaires en mettant des policiers dans chaque établissement est une idée vaine", déclare-t-il. "Tout cela risquerait, si on le menait à son terme, de coûter très cher", ajoute-t-il.
Pour le dirigeant centriste, les mesures annoncées vont "dans le sens de l'émotion". A ses yeux, la véritable solution réside dans la détection des élèves "déstabilisés" et le traitement de leur cas à l'extérieur des établissements scolaires. "Il faut qu'un élève en situation déstabilisée soit placé dans une structure dans laquelle il trouvera de vraies réponses", estime François Bayrou.
Quant à la FSU, principale fédération syndicale de l'Education nationale, elle pense que "les réponses apportées par Gilles de Robien ne sont pas à la hauteur des difficultés auxquelles sont confrontés les enseignants". "Les solutions résident d'abord et surtout dans une présence éducative renforcée (conseillers principaux d'éducation, conseillers d'orientation-psychologues, surveillants...) et dans une action éducative cohérente et durable", estime le syndicat. "J'en ai un peu assez de ce type de méthode où on ne répond pas aux demandes des gens sur le terrain", explique le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri.
Côté policier, le syndicat UNSA-police juge les propositions ministérielles "inacceptables". "On ne va quand même pas ouvrir un commissariat dans chaque collège et lycée!", estime l'organisation syndicale.
Face à ces critiques, Gilles de Robien entend rester "zen". "Si à chaque fois que l'on prend des initiatives dans ce domaine, il faut faire face à une avalanche de critiques, je le ferai", explique-t-il. (Avec "Le Parisien")
Commentaires
1. Le mercredi 21 décembre 2005 à 12:02, par Stephane de Clermont
2. Le mercredi 21 décembre 2005 à 17:12, par Auxarmescitoyens
3. Le mercredi 21 décembre 2005 à 17:12, par Auxarmescitoyens
4. Le mercredi 21 décembre 2005 à 18:34, par Eric MIELKE :: site
5. Le jeudi 22 décembre 2005 à 16:01, par Sophie
6. Le lundi 26 décembre 2005 à 18:43, par Pour Stéphane de Clermont de Sébastien Lille
7. Le mardi 27 décembre 2005 à 10:48, par L'Indépendant
8. Le mardi 27 décembre 2005 à 10:53, par PAUL ROCHES
9. Le mardi 14 février 2006 à 06:06, par David :: site
10. Le lundi 27 février 2006 à 17:41, par charlotte du Mans
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