Gilles de Robien renonce à présenter sa propre motion au congrès de l'UDF
Par Blog de Robien, lundi 2 janvier 2006 à 11:42 :: UDF :: #20 :: rss
Le ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien, en s'abstenant de déposer sa propre motion pour le congrès de Lyon à la fin du mois, a renoncé à défier le président de l'UDF, François Bayrou, dont il conteste la stratégie"d'indépendance" à l'égard de l'UMP.
Partisan résolu d'un ancrage au sein de la majorité, le seul ministre UDF du gouvernement Villepin a laissé passer la date-limite du 31 décembre à minuit sans déposer de texte pour le congrès extraordinaire de la formation centriste (entre 15 000 et 30 000 adhérents selon les sources), les 28 et 29 janvier.
François Bayrou n'a cessé de prendre ses distances d'avec le gouvernement, la moitié des députés de son groupe à l'Assemblée nationale ayant voté cet automne contre le budget 2006, tandis que les sénateurs UDF s'abstenaient.
Entré dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin en 2002 comme ministre des transports, M. de Robien avait été promu au grand ministère de l'éducation par Dominique de Villepin en juin dernier, un choix qui lui avait valu d'être suspendu en juin des instances dirigeantes de l'UDF.
MOTION UNIQUE
M. Bayrou a quant à lui déposé sa motion samedi, dans laquelle il appelle les adhérents à affirmer "l'indépendance" de l'UDF et renvoie dos à dos UMP et Parti socialiste.
Cette motion sera donc la seule en lice à Lyon, ce qui ne constitue pas une suprise, M. de Robien ayant laissé entendre à la mi-décembre qu'il ne tenterait pas de mesurer son audience auprès des adhérents.
L'ancien maire d'Amiens "n'a pas souhaité affronter le verdict du congrès" qui constituait pourtant "le moment d'éclaircir le débat", a regretté un responsable de la préparation du congrès, Philippe Arnaud, partisan de M. Bayrou.
En renonçant à compter ses troupes autour d'une motion, M. de Robien entend refuser de cautionner l'organisation du congrès, entièrement aux mains du camp rival, selon ses proches.
Le sénateur de Paris Yves Pozzo di Borgo vient ainsi de critiquer le refus par la partie adverse d'un "vote à bulletin secret dans chaque fédération", ce qui permettrait d'identifier les poches de résistance à la stratégie de M. Bayrou.
Le ministre de l'éducation prive aussi M. Bayrou du "débat de clarification" qu'il souhaitait mener pour faire taire "les contestations perpétuelles" sur la meilleure stratégie pour l'UDF à seize mois de l'élection présidentielle, où il sera candidat, sauf accident.
L'OBJECTIF PRÉSIDENTIEL DE M. BAYROU
Selon le député des Pyrénées-Atlantiques, "l'enjeu pour qu'au premier tour les Français vous choisissent, c'est qu'ils soient sûrs que leur vote ne sera pas récupéré d'une manière ou d'une autre". "Après, selon la configuration du second tour, vous regroupez autour de vous des forces, et j'espère que ces forces viendront d'horizons différents", de gauche comme de droite, a-t-il dit.
Pour M. Pozzo di Borgo, M. Bayrou espère "se retrouver au deuxième tour face à Nicolas Sarkozy et se faire élire grâce aux voix de gauche".
Dans sa motion, M. Bayrou renvoie dos à dos UMP et PS, estimant qu'ils "ont tous deux éludé les choix de courage et de clarté qui s'imposaient".
"L'indépendance de l'UDF, c'est la condition de l'offre politique nouvelle que les Français attendent et que la situation de notre pays exige", déclare M. Bayrou dans son texte, qui est intitulé, "l'UDF indépendante, un choix nouveau pour les Français".
Pour M. de Robien au contraire, la question est de savoir si l'UDF est "dans la majorité ou dans l'opposition".
Commentaires
1. Le lundi 2 janvier 2006 à 18:52, par A Viré
2. Le lundi 2 janvier 2006 à 19:00, par SYNTHESE
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