Ce texte consacre l'importance de la méthode syllabique. "L'automatisation de la reconnaissance des mots nécessite des exercices systématiques de liaison entre les lettres et les sons et ne saurait résulter d'une mise en mémoire de la photographie de la forme des mots qui caractérise les approches globales de la lecture : j'attends donc des maîtres qu'ils écartent résolument ces méthodes qui saturent la mémoire des élèves sans leur donner les moyens d'accéder de façon autonome à la lecture", énonce le ministre de l'éducation dans son texte.

L'apprentissage de la lecture ne peut se limiter à l'acquisition du décodage, poursuit-il. "Déchiffrer les mots dans l'ordre constitue un savoir-faire indispensable, mais ne suffit pas : le but de la lecture est d'accéder au sens précis des mots, puis des phrases, puis des textes et non pas seulement au bruit des mots", précise la circulaire.

PAS DE REFONTE DES PROGRAMMES

A la fin du CP, tous les élèves devront avoir acquis "les techniques du déchiffrage et les automatismes" qui permettent la lecture autonome. Pour ceux qui n'y parviendraient pas, la généralisation de l'évaluation en début de CE1 (elle avait lieu jusqu'à maintenant en CE2) permettra d'analyser leurs difficultés, "afin de mettre immédiatement en place des programmes personnalisés de réussite éducative". "Tous (les) bénéficiaires (de ces programmes) doivent être réellement lecteurs à la fin de l'année de CE1", précise le texte.

Dans sa circulaire, M. de Robien exprime "toute sa confiance" à l'égard des "maîtres et maîtresses" qui ont droit à la "meilleure formation". Ainsi, formations initiale et continue devront consacrer "aux apprentissages premiers de la lecture un temps significatif". Les éditeurs de manuels scolaires doivent contribuer "à l'effort de recentrage des apprentissages premiers de la lecture", précise la circulaire. Enfin, le ministre préconise "que les parents soient informés du projet pédagogique" qui conduira leur enfant à l'apprentissage de la lecture.

La directive du ministre de l'éducation ne conduira pas à une refonte des programmes de 2002 pour l'école élémentaire, qui insistaient déjà sur l'importance du décodage dans l'apprentissage de la lecture. Considérant que le ministre ranimait une "polémique stérile" sur la question, une vingtaine d'organisations pédagogiques, d'universitaires et de syndicats de l'éducation nationale ont rendu public, mardi 3 janvier, un appel rappelant notamment que la méthode globale, déjà écartée des programmes, n'était pratiquement plus utilisée dans les classes (Le Monde du mercredi 4 janvier).

Martine Laronche Article paru dans l'édition du 06.01.06