Le même professeur en anglais et en français

Plus de 500 professeurs de sport, et 400 d'allemand ne peuvent pas enseigner aujourd'hui car ils n'ont pas d'élèves ou pas d'affectation. Pour pallier à cette sous-activité de l'Education nationale, le ministre Gilles de Robien veut essayer d'apporter plus de souplesse dans la gestion du personnel de l'éducation. Pour cela, il ressort l'idée de la "bivalence" des enseignants. Une évolution qui pourrait être intégrée dans la réforme des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres) prévue par la loi Fillon.

C'est lors de son intervention dimanche (8 janvier) au Grand Jury Le Figaro-RTL-LCI que le ministre a évoqué cette idée. Déjà en place dans les lycées professionnels, ce système permettrait d'enseigner le français et l'histoire-géographie ; l'anglais et le français ; les mathématiques et la physique… La bivalence pourrait faciliter aussi les remplacements dans les petits collèges, en faisant moins appel aux vacataires ou aux contrats précaires. Mais aujourd'hui beaucoup d'enseignants vivent leur discipline comme quelque chose de sacré, ce serait donc inconcevable d'enseigner autre chose. En revanche dans les textes, c'est possible. La loi Fillon sur l'école, précise déjà qu'un professeur de collège peut passer une certification complémentaire pour enseigner une autre matière.

Commentaire désabusé de Bernard Boisseau, du Syndicat national de l'enseignement secondaire, lundi (9 janvier) à l'antenne de RTL : Gilles de Robien privilégie une approche quantitative et non pas qualitative. Pour lui, la bivalence est synonyme d'un enseignement de moinds bonne qualité car si "on élargit le champ d'intervention des enseignants, ils seront moins bien qualifiés".

Un problème de gestion du personnel

Avec la réforme des retraites, des enseignants qui devaient partir l'an dernier sont encore devant les élèves, alors que d'autres ont déjà été recrutés pour les remplacer. Le trop grand nombre de professeurs tient aussi à la baisse démographique : il y a moins d'élèves en collège et lycée en ce moment, et en plus ils choisissent moins l'allemand.

La "bivalence" ne serait pas une innovation majeure : de telles expériences ont déjà été tentées dans les années 1980 avec les professeurs d'enseignement général de collège (PEGC). Si elles ont été abandonnées depuis, ils sont encore quelque 20.000 à enseigner dans les collège.

C.Samuel-Lajeunesse et Armelle Lévy