Préjugeons, si j'ose dire, que ce sera un peu à la manière (même si en pompe un peu moins éclatante) dont le gratin de la garderie des Sceaux honora, voici quelques semaines, les condamné(e)s blanchi(e)s de la dite affaire d'Outreau. Backstage, dans le silence pachydermique de l'institution, se profilent la perspective (et la réalité) d'autres affaires d'Etampes que des experts apprécient médiocrement. Et, planqué derrière le rideau de scène, parfois cour, parfois jardin, le même Robien en régisseur de ces choses, ambivalent expert, lui, ainsi que l'établit tout récemment son pas de deux sur les méthodes (alors, «globale» ou «syllabique» ? Les deux, monsieur mon ministre !) de l'apprentissage de la lecture... Après qu'il eut suggéré, avec le succès que l'on sait, la présence de forces policières dans les écoles ­ pour faire pièce, sans doute, aux 2 083 postes supprimés dans les lycées et collèges, et auxquels s'ajoutent ceux de quelque 2 500 contractuels ­, ce grand ami de l'école privée se propose de dédoubler les qualifications : prof de lettres ET prof d'histoire (par exemple) à la fois, cela s'appelle la «bivalence», principe pédagogique qui colle admirablement à celui du remplacement des enseignants absents durant moins de deux semaines par des collègues vivement incités, au sein du même établissement, à heures supplémentaires. Ce souci (économique) épouse heureusement celui (publicitaire) de «toujours plus de bacheliers incultes» que des commissions d'évaluation promeuvent dans le haussement artificiel des notations. Il détonne autant avec la très universellement vertueuse proclamation selon laquelle «c'est à l'école que tout commence !». Ou s'achève, avant d'avoir seulement commencé.