Il a plaidé mardi matin sur France 2 pour que la circulaire qu'il veut prendre soit une "réponse collective" à la violence en milieu scolaire afin de venir en aide aux professeurs et chefs d'établissements en cas d'agressions.

"Les collèges et lycées ont besoin de savoir quoi faire en cas de menaces. Certains gèrent cela à l'intérieur (des établissements), d'autres portent plainte, je vais faire une circulaire pour que les choses soient extrêmement claires et que ce soit plutôt une réponse collective et pas imaginée établissement par établissement" a dit Gilles de Robien.

Il a rappelé que cette circulaire, annoncée lundi soir après une rencontre avec l'enseignante d'Etampes agressée le 16 décembre de plusieurs coups de couteau, était une "circulaire de 1998 remise au goût du jour". Ce texte d'octobre 1998 paru au bulletin officiel de l'Education nationale rappelait que "le développement de la violence au sein des établissements scolaires et à leurs abords constitue, notamment dans certains quartiers, un phénomène particulièrement préoccupant, qui impose à l'ensemble des services ministériels concernés une mobilisation cohérente et renforcée".

"Je vais prendre une circulaire que je voudrais la plus claire possible afin d'établir les procédures pour que l'enseignant n'ait pas de doute sur ce qu'il doit faire si il est agressé verbalement ou physiquement", a déclaré le ministre qui s'exprimait à l'issue d'une rencontre lundi soir avec l'enseignante, Karen Montet-Toutain blessée de plusieurs coups de couteau le 16 décembre par un de ses élèves à Etampes (Essonne). Le ministre a ajouté que la circulaire allait également bénéficier aux chefs d'établissements scolaires "pour qu'ils sachent quoi faire si on leur rapporte des propos sur des agressions possibles". "Avec cette clarification, le doute ne subsistera pas, les éventuels agresseurs sauront que leurs actes ou leurs paroles ne resteront pas sans suite", a-t-il ajouté.

A propos de sa rencontre avec Mme Montet-Toutain, il a déclaré qu'il avait abordé la carrière de cette dernière et qu'il l'avait "rassurée pour lui permettre de regarder l'avenir sereinement et pour l'aider à se reconstruire sur le plan physique et psychologique". Le ministre a refusé de s'exprimer sur le rapport administratif diligenté après l'agression de l'enseignante et qui doit être révélé mardi. Il a néanmoins déclaré qu'il allait "prendre des dispositions derrière, quel que soit soit son contenu". "La question est de savoir s'il y a eu une faute caractérisée grave. A ma connaissance depuis plus de 15 jours, on me dit qu'il n'y a pas de faute grave caractérisée, je vais vérifier, et dans tous les cas de figure on ne peut pas faire comme avant (l'agression)", a-t-il ajouté.

Karen Montet-Toutain a de son côté toujours dit qu'elle avait alerté à plusieurs reprises sa hiérarchie à propos de menaces et qu'elle n'avait pas reçu de soutien.

Une enseignante d'un lycée professionnel de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) a été agressée lundi après-midi par un jeune homme extérieur à l'établissement, a-t-on appris de source policière. La victime, une professeur de lettres, souffre de quelques contusions. L'agression s'est produite vers 15h40 dans la salle du lycée professionnel Camille-Claudel où la professeur donnait un cours. Un jeune homme est entré dans la classe, a molesté l'enseignante avant de s'enfuir.