Un tiers des universités sont perturbées par le mouvement anti-CPE. Comprenez-vous les motivations de ces jeunes ?
Il est légitime de faire valoir son opinion. Je considère par contre inadmissible de le faire en interdisant aux autres d’aller étudier. On ne peut accepter que quelques personnes puissent essayer de bloquer des campus. Le blocus, c’est une preuve de faiblesse. Chacun a le droit de manifester, mais personne n’a le droit d’empêcher les étudiants qui veulent travailler et préparer leurs examens de le faire dans la sérénité.

Des voix s'élèvent dans la majorité pour suspendre ce texte très impopulaire. Qu'en pensez-vous ?
Je suis convaincu que le contrat première embauche est une bonne réponse à la question du chômage des jeunes dans notre pays, qui reste l’un des plus élevés des pays de l’OCDE. Jamais le Gouvernement n’a eu d’autre idée que celle d’aider les jeunes à préparer leur avenir. C’est une chance que nous souhaitons leur donner. Il faut donc expliquer ce nouveau dispositif et tout ce qu’il va apporter aux jeunes. Il faut faire preuve de pédagogie. C’est, je pense, la priorité absolue.

Un séminaire se tenait aujourd’hui sur l'apprentissage de la lecture à l'école primaire. Quel était l'objet de votre réforme ?
C’est très simple : au début du cours préparatoire les élèves doivent travailler systématiquement sur les relations entre les sons de la langue et les syllabes qui les transcrivent. Les scientifiques et tous les spécialistes disent aujourd’hui que c’est la meilleure façon d’apprendre à lire. Tous les élèves du cours préparatoire doivent apprendre ainsi. Mon objectif, c’est qu’ils sachent tous lire à la fin du CP.

Les problèmes de lecture ne sont ils pas plutôt liés à un manque de moyens dans les écoles, comme le déclarent les syndicats ?
Nous disposons d’un des meilleurs encadrements pédagogiques du monde, en quantité et en qualité. Ma responsabilité, c’est de veiller à faire réussir les enfants de ce pays. Toutes les informations à ma disposition conduisent à dire qu’apprendre à lire est une question de méthode, qu’il en existe de bonnes et de moins bonnes. Je m’efforce de mettre les meilleures à la disposition des enseignants. Et j’aide ainsi les élèves les plus fragiles. Savoir lire, c’est la toute première égalité des chances.

Une prise d'otage a eu lieu dans un lycée de la Sarthe, qui s’est bien terminée. Comment sont protégés les lycées ?
Dans la plupart des cas, les lycées sont protégés par des clôture assez dissuasives pour empêcher les intrusions. Les entrées des élèves sont en principe contrôlées par les surveillants ou les agents d’accueil sous l’autorité du proviseur. A Sablé-sur-Sarthe, l’homme qui est entré dans le lycée était bien connu, puisqu’il y avait enseigné jusqu’à l’an dernier. La question de la sécurité doit être une préoccupation constante de la communauté éducative et nous avons la chance d’avoir des chefs d’établisement particulièrement soucieux de cette nécessité. J’ajoute que nous y travaillons avec les représentants des personnels et des parents dans le cadre du projet de circulaire de lutte contre la violence en milieu scolaire.