"François Bayrou est dans l'opposition", a déclaré Gilles de Robien, seul représentant de l'UDF au gouvernement. "Sous la Ve République ça ne se discute pas (...) : Lorsqu'on vote une motion de censure, on passe dans l'opposition."

Le groupe UDF à l'Assemblée comprend 30 députés, dont la majorité a donc refusé de suivre François Bayrou.

"François Bayrou a échoué", a déclaré Gilles de Robien, qui a dit ressentir une "grande tristesse" en voyant le président de l'UDF "essayer d'emmener" celle-ci sur "des voies aventureuses".

"Je suis persuadé que l'UDF n'est pas sur cette ligne-là", a ajouté le ministre de l'Education, qui a souhaité que François Bayrou remette en jeu son mandat de député devant les électeurs.

Il a également accusé François Bayrou d'avoir remis en cause l'indépendance de l'UDF : "Maintenant il est sous dépendance, sous perfusion socialiste."

Gilles de Robien a également estimé que François Bayrou était "minoritaire" au sein de son propre parti : "Il est mis en minorité par ses députés. Il devrait retourner vers le congrès (de l'UDF) pour savoir si désormais l'UDF est dans l'opposition toute entière, si c'est la nouvelle ligne de l'UDF."

Il a cependant estimé que l'UDF n'était pas morte, tant que le "canal historique" qu'il affirme représenter "essaiera (...) de raisonner François Bayrou (...) qui est sur une ligne très personnelle".

Il a également minimisé l'absentéisme massif des députés de l'UMP, dont beaucoup n'ont pas assisté mardi au débat et au vote sur la motion de censure déposée par les socialistes, à la suite de l'affaire des faux listings de la société Clearstream qui a éclaboussé le gouvernement.

"C'est peut-être la première fois qu'une motion de censure est basé sur des rumeurs", a-t-il dit. "C'est pour ça que les députés ne sont pas motivés du tout."